Avec l'industrialisation des process que l'informatique permet depuis ses origines, jamais on n'a cessé d'annoncer la mort du papier. La dématérialisation devait transformer tous les domaines de notre vie : financier (plus de chèques), médical (dossier personnel), administratif (procédures en ligne), etc… Même les cartes postales sont vouées à la mort grâce aux outils de partage social qui permettent de publier une photo de vacances au monde entier. Envoyer un recommandé est devenu une torture et écrire une lettre manuscrite devient extraordinaire. L'e-mail, le smartphone et les tablettes rendent caduc le support papier.

Mais force est de constater que le papier n'est pas mort, loin de là. La production de contenus est en effet plus aisée de façon dématérialisée, mais il reste plus facile de lire sur papier. Combien d'e-mails sont imprimés chaque jour ? Combien d'exemplaires d'un rapport sont-ils imprimés ? Combien de livres et calendriers photos sont-ils imprimés sur papier glacé grâce aux sites de labos en ligne ? On n'a donc jamais consommé autant de papier que depuis l'invention de l'ordinateur. Sa consommation double tous les 10 ans. L'acte d'écrire un roman n'est matériellement pas bien différent sur un Macbook ou sur une machine Remington. Un clavier et dix doigts suffisent. Mais c'est 100 fois plus pratique sur ordinateur. Pas besoin de retaper toute la page pour corriger une coquille, pas de poubelle remplie d'épreuves à peine noircies, pas de bruit agaçant pour les voisins du dessous, richesse fonctionnelle. Mais il reste bien plus pratique de lire une histoire dans un objet-livre que sur une liseuse électronique.

On s'accorde a inscrire l'informatique, et plus récemment ses applications connectées, dans la droite ligne des révolutions qui ont changé le monde et la façon dont l'Homme l'appréhende. Michel Serres met les nouvelles technologies au même niveau que l'écriture ou l'imprimerie. Il les considère comme un enjeux fondamental de l'éducation. C'est forts de ce constat que les outils de gestion d'information, dont le plus emblématique est aujourd'hui Evernote, ont basé leur communication sur leur habileté à dématérialiser et traiter toutes les sources d'informations. Mais il reste des territoires inexploités. Nombreux sont encore ceux qui expriment mieux leur créativité et éprouvent plus de facilité à coucher leurs idées sur le papier, le vrai, celui qui se déchire, se froisse. Le champion du support papier est, sans conteste, Moleskine, le fabricant de cahier et carnets de note élégants et fonctionnels. Pour les séduire et conquérir ces derniers espaces, Evernote a donc choisit de reconnaître la nécessité de ces outils traditionnels et de ne pas tenter de les faire disparaître.

Un partenariat a donc été passé entre Evernote et Moleskine. Moleskine propose un carnet spécialement conçu pour faciliter la capture des contenus par l'application de reconnaissance d'images d'Evernote. Produire l'information sur papier et la traiter sur support numérique. Voilà qui devrait satisfaire tout le monde…

Source : TechCrunch.

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