Vous vous demandez sans doute pourquoi les derniers billets de ce blog sont proposés en version texte et en version vidéo. C’est inhabituel, ça semble être une perte de temps et ça peut dénoter une certaine indécision : pourquoi ne pas choisir entre les deux ?

Tout bien considéré (c’est une phrase que j’adore, elle est issue du film "Docteur Jerry et Mister Love" que je vous conseille de revoir), je crois que c’est la meilleure solution.

Re-posons-nous d’abord la question fondamentale : qu’est-ce qu’un blog. On pourra ensuite répondre aux questions de savoir s’il faut le faire évoluer et comment.

Un blog ça sert à quoi ?

Comme je l’ai écrit dans un précédent billet (et comme cela est communément admis), un blog est un média permettant à un nombre limité de personnes (généralement une seul, c’est dire si c’est limité de chez limité) d’exposer ses idées ou de donner des nouvelles à un nombre d’autre personnes que l’on espère très nombreuses.

Ces personnes peuvent – on peut même dire que c’est leur obligation morale, cher ami lecteur – donner leur avis ou réagir à leur tour par l’intermédiaire de commentaire ou de renvois vers leur propre blog.

Il s’agit donc d’un espace d’échange que le rédacteur a le devoir de rendre accessible et intéressant pour un public qui, par définition, est difficilement saisissable. S’agissant par nature d’un espace d’expression subjectif, le rédacteur peut expérimenter diverses solution pour améliorer sa propre expérience et celle de ses lecteurs.

Bien que n’ignorant pas les contraintes que cela induit, autant pour le rédacteur que pour le lecteur, j’ai choisi aujourd’hui de tenter l’expérience et d’introduire la vidéo non plus comme seule illustration mais comme source du propos. Voici pourquoi…

Comment améliorer l’expérience du lecteur et du rédacteur ?

1) Cela devient réellement possible

Depuis plusieurs années déjà, le podcasting vidéo est possible. Youtube et Dailymotion, puis leurs inévitables challengers, permettent de publier une vidéo sur un blog. Mais la production de ces vidéos reste une phase délicate du processus. Il faut disposer de logiciels d’enregistrement et de montage pour réaliser quelque-chose de correct. Il est difficilement concevable pour le rédacteur de passer un temps conséquent à monter une vidéo en plus du temps passé à la rédaction du billet.

Aujourd’hui, grâce à de nouveaux services, le processus de création est réduit à son plus stricte minimum. 1 clic pour enregistrer, 1 clic pour diffuser. Tous ça depuis le tableau de bord de son blog. Vous voyez plus simple ?

Même si des progrès sont encore à faire en terme de qualité sur la (seule véritable) solution proposée aujourd’hui (qui pour moi n’est pas satisfaisante et qui m’oriente encore vers la solution un peu moins directe mais tout aussi simple du concurrent) il faut reconnaître que la simplicité du processus confine au biblique.

2) Apporter une dimension supplémentaire au propos

J’ai toujours porté une attention particulière à la façon de dire les choses. Nous avons tous vécu des situations où, en fonction de l’humeur, de l’état d’esprit ou de la position de nos interlocuteurs, nos propos sont interprétés de façon parfois diamètralement opposée à leur intention de départ. Combien d’emails sont reçus comme une agression alors que l’émetteur énonce un simple constat ?

La vidéo apporte une dimension supplémentaire au propos. L’intention du locuteur y est ostensiblement perceptible. Elle apporte, sinon un niveau de sincérité supplémentaire, au moins un supplément de réalité.

La vidéo, par le fait qu’elle met à contribution la vue et l’ouïe permet de réduire la distance (pour ne pas dire la distanciation) entre l’auteur et le lecteur.

3) Donner le choix

Le blog full-vidéo me semble être une solution impossible à maintenir sur la longueur.

La vidéo demande, pour les raisons exposées dans le point précédent, une attention quasi-exclusive de la part du spectateur.
Le rapport au temps est inversé : le rédacteur passe moins de temps à rédiger (juste le temps de l’enregistrement, pas de recherche de liens, de reprise de tournures de phrases) mais le lecteur se voit imposer le rythme de la vidéo. Pas de lecture en diagionale permise. On n’analyse pas de la même façon le contenu d’un texte et celui d’une vidéo.

Tant que nous ne disposerons pas d’outils efficaces permettant l’analyse sémantique de la parole il est impensable, à mon sens, d’infliger cela aux lecteurs de blog.

J’ai donc pris le parti de proposer les deux.

A vous de choisir : le texte, la vidéo ou les deux.

Merci de me dire ce que vous préférez par un commentaire (texte ou vidéo), en répondant au sondage ou les deux 😉

4) Pourquoi pas essayer ?

Toute nouvelle expérience est difficile à apréhender.
La vidéo-conversation est une nouvelle façon d’échanger et il va falloir s’y habituer car je suis convaincu qu’elle va s’installer. Certes pas d’un coup de baguette magique mais progressivement, d’abord à l’initiative de la jeune génération (paradoxalement assez à l’aise avec la vidéo), puis grâce aux professionnels.

Parler à la caméra nécessite de surmonter une certaine pudeur naturelle, de prendre un peu de distance par rapport à l’idée que l’on se fait de ceux qui vont visionner les images, par rapport à cette angoisse de savoir que l’on va être jugé pour ce que l’on dit et la façon dont on le dit.

Mon grand-père disait : "On n’est pas responsable de la gueule qu’on a, seulement de celle qu’on fait".

Je lance donc la balle : je poste en vidéo.
A vous de la rattraper et de passer le pas : répondez en vidéo !

5) Une expérience personnelle

D’un point de vue plus personnel, ne nous cachons pas derrière notre petit-doigt, c’est une expérience qui m’intéresse.

Comme on vient de le voir, (décidément, cet article est vraiment bien articulé…), parler à une petite lumière rouge n’est pas chose évidente. Il faut un petit peu de pratique et de distance pour être à peu près à l’aise devant la caméra.

En ce qui me concerne, c’est un exercice qui m’est assez agréable. Sans doute les quelques années passées au sein de l’atelier-théâtre que je fréquente m’y aident-ils. Je l’avoue, l’idée d’avoir un public m’est agréable.

Par ailleurs, cela introduit une obligation de formuler encore plus explicitement son propos.

Et vous ?

Et vous, vous en pensez quoi ?
Vous pouvez répondre en vidéo (ça marche aussi avec un simple micro) et de façon anonyme.
C’est pas beau la vie ?

1 comment

  1. M.Bark 10 juillet 2008 at 4:02

    Reply

    merci pour ce billet, c’est toujours intéressant de vous lore. Je me demandais cependant pourquioi cette parenthèse : et comme cela est communement admis ? 🙂

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