On savait déjà que le numérique avait conduit à l’appauvrissement de la qualité des images et des sons. Aujourd’hui, la radio apporte sa contribution à cet appauvrissement en systématisant les liaisons téléphoniques. Pas une interview, pas un journal, pas un talk-show, même enregistré, qui ne réquisitionne les réseaux téléphoniques. Quelle que soit la qualité et la proximité de l’interlocurteur.

Si on peut comprendre qu’un dialogue avec les auditeurs ou l’interview d’un navigateur en pleine Route du Rhum peuvent difficilement se faire autrement que par téléphone, on peut regréter que les radios préfèrent céder à l’impératif téléphonique plutôt que de tenter de convaincre l’interlocuteur de venir en studio.

Cette situation conduit bien évidemment à l’appauvrissement de la qualité de la radio. A l’heure ou on nous vante les nouvelles normes de qualité sonore, on nous abreuve de crachouillis, de conversations hachées, de bouches trop éloignées (ou trop proches) de l’appreil, de parasites de localisation de réseau sur les portables, de bips de double-appels, de portables qui sonnent à côté du téléphone classique, ou l’inverse…

C’est bien pratique, d’un certain point de vue. Combien de fois avons-nous entendu l’animateur lancer un "nous allons devoir stopper noter conversation car la liaison est vraiment trop mauvaise" ou alors "nous avons perdu Raymond ! Raymond ? Raymond ? Ah, Raymond a raccroché". On peut parfois légitimement se demander si la liaison est véritablement pire que la précédente et si Raymond, dont le point de vue a été coupé en pleine argumentation, a véritablement raccroché son téléphone.

Cet été, j’ai suivi des émissions de témoignage (c’est la grande mode) de 2 heures entièrement réalisées par téléphone. La qualité, cette fois-là était relativement bonne, mais le décalage-son était très fatiquant.

Le plus inquiétant dans cette situation, c’est que, sous prétexe d’étendre les champs de contenus et de servir encore plus d’info à l’auditeur, on cède à la pression de l’interviewé qui préfèrera bien entendu un entretient téléphonique plutôt que de se déplacer en studio. Même les politiques s’y mettent.

A la télé au moins, les liaisons se font par satellite d’abord, et par téléphone seulement si c’est impossible. Même en temps de guerre…

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