Vous le savez forcément, une loi relative à l’utilisation d’Internet est actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale. Nommée « Création et Internet » ou « HADOPI » elle encadre les conditions de rémunération des artistes et, pour ce faire, prévoit des mesures de contrôle et de sanction à l’encontre du téléchargement illégal.

Une grande polémique secoue le monde des internautes avertis, sans que la société soit avertie des risques que l’application de cette loi impliquerait pour chacun d’entre nous, lors de nos surfs quotidiens ou occasionnels, à la maison ou au bureau. Il s’agit, sur le principe, de confier à une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (l’HADOPI) le soin de déterminer l’illégalité des activités des internautes et au FAI celui de couper éventuellement l’accès au Net de leurs abonnés sur demande de l’HADOPI.

Voici une vidéo (Médiapart.fr) qui explique assez simplement le problème :


Loi Hadopi: l’édito-vidéo
par Mediapart

On le voit, le seul moyen de se prémunir du couroux de l’HADOPI est d’accepter d’installer des outils de filtrage et de contrôle (fournis généreusement par les FAI) qui permettront d’éventuellement prouver votre bonne foi. Car comment prouver que c’est tel poste du réseau (l’ado dans sa chambre ou la mère dans le salon, l’informaticien du bureau B32 ou le Directeur Marketing du quatrième étage, mon propre ordinateur ou mon voisin qui utilise mon réseau WiFi) qui a effectivement effectué un téléchargement ?

On le voit, cette loi a des implications sur la façon dont nous sommes prêts ou pas à soumettre nos libertés à un contrôle plus ou moins appuyé.

Sommes-nous prêts à accepter qu’un contrôle et des sanctions de nos usages d’Internet soient effectués par des instances autres que la Justice pour permettre de sanctionner des téléchargeurs (qui, bien souvent, ne font qu’utiliser des moyens qui sont mis à leur disposition par les même FAI qui sont censés les sanctionner)  ? C’est la véritable question que pose cette loi.

Les industries du disque et du film sont-elles prêtes à revoir leur modèle économique pour s’adapter aux nouveaux modes de diffusion et de distribution et, par là-même, réduire naturellement les téléchargements ? C’est une autre question que le projet de loi ne semble pas vouloir aborder…

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